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Noël !
03/12/2010 04:35

Noël
L'air est glacé, mais la nuit est sereine, Les astres clairs nagent en un ciel pur ; J'entends gémir les eaux de la fontaine ; Le firmament étale son azur.
L'airain battu d'un coup triste et sonore Seul a troublé le repos de la nuit. Il est une heure, et moi je veille encore ; Je veille seul, et le repos me fuit.
Oh ! Que de fois le silence nocturne Prêta son calme à mes songes divers ! Oh ! Que de fois ma lampe taciturne M'a vu rêver, lire, tracer des vers !
Nuit de Noël, derniers jours de l'année, Oh ! Que de jeux, de paix et de plaisirs Vous rappelez à mon âme fanée ! Et tout a fui sous de nouveaux désirs !
Comme d'un rêve aussi doux que rapide, Il me souvient de ce bonheur passé. Bonheur d'enfance, imprévoyant, avide, Que la raison a si vite effacé...
Il me souvient de ces cadeaux magiques À mon réveil offerts dès le matin, Et du foyer, et des plombs fantastiques, Dont les contours présageaient le destin.
Me disaient-ils que je serais poète, Victime, hélas ! des désirs de mon coeur ? Que le chagrin ferait courber ma tête, Et que jamais je n'en serais vainqueur ?
Déjà la cloche a répété quatre heures ; Je veille encor, je veille pour chanter. Un bruit soudain ébranle nos demeures ; Quelle douceur je trouve à l'écouter !
Quels sons divins, quelle auguste harmonie L'airain du temple exhale dans les airs ! Comme l'espoir, mon âme rajeunie Entend vibrer les célestes concerts.
Nuit de Noël, nuit de paix et de joie, C'est dans ton sein qu'un Sauveur nous est né. Le coeur soumis qui marche dans ta voie, Humble et joyeux, n'est pas abandonné.
Ô mon Sauveur, viens éclairer ma route ! Viens me couvrir des ailes de la foi ! Ouvre mon âme et dissipe mon doute ; Viens, je t'attends et je me livre à toi.
Jacques-Imbert GALLOIX

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Paysage d'octobre
26/10/2010 02:55

Paysage d'octobre
Les nuages sont revenus Et la treille qu'on a saignée Tord ses longs bras maigres et nus Sur la muraille renfrognée ; La brume a terni les blancheurs Et cassé les fils de la Vierge Et le vol des martins-pêcheurs Ne frissonne plus sur la berge.
Les arbres se sont rabougris, La chaumière ferme sa porte, Et le joli papillon gris A fait place à la feuille morte. Plus de nénuphars sur l'étang : L'herbe languit, l'insecte râle, Et l'hirondelle, en sanglotant, Disparaît à l'horizon pâle.
Près de la rivière aux gardons Qui clapote sous les vieux aunes, Le baudet cherche les chardons Que rognaient si bien ses dents jaunes. Mais comme le bleuet des blés, Comme la mousse et la fougère, Les grands chardons s'en sont allés, Avec la brise et la bergère.
Dans les taillis voisins des rocs La bécasse fait sa rentrée. Les corneilles autour des socs Piétinent la terre éventrée. Et décharné comme un fagot, Le peuplier morne et funèbre Arbore son nid de margot Sur le ciel blanc qui s'enténèbre.
Au-dessus des vallons déserts Où les mares se sont accrues, A tire-d'aile dans les airs Passe le triangle des grues. Et la vieille, au bord du lavoir, Avec des yeux qui se désolent, Les regarde fuir et croit voir Les derniers beaux jours qui s'envolent.
Maurice Rollinat

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Le beau mois d'octobre
09/10/2010 03:07

Matin d'octobre
C’est l’heure exquise et matinale Que rougit un soleil soudain. A travers la brume automnale Tombent les feuilles du jardin.
Leur chute est lente. On peut les suivre du regard en reconnaissant le chêne à sa feuille de cuivre, l'érable à sa feuille de sang.
Leur dernières, les plus rouillées tombent des branches dépouillés ; Mais ce n'est pas l'hiver encore.
Une blonde lumière arrose La nature, et, dans l'air tout rose On croirait qu'il neige de l'or.
François Coppée

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Poême : Au temps en emporte
24/05/2010 00:42
Au temps en emporte
Inexorable temps Qui jamais nous attend. On aimerait pourtant Juste prendre ce temps, Le poser un instant, Pouvoir vivre hors du temps, Et sans être haletant Se dire qu'on a le temps. Tout se paye, mais comptant, Nous laissant mécontent
De n'avoir pu autant En profiter à temps. Tant que l'on a le temps Prenons donc notre temps Petit enfant étant, On conjugue ce temps Disant souvent "attend !" Pour n'être prêt à temps. Adolescent étant, C'est cool, on a le temps

On travaille à mi-temps, Que ça dure longtemps, On aura tout le temps, C'est ce que l'on prétend, Mais s'écoule le temps. Puis sénescent étant, C'est un vrai passe-temps Quand à plus de vingt ans, Toujours à contre-temps, On se souvient d'un temps

Qualifié d'antan. Il n'est alors plus temps De rattraper ce temps Qui file tout le temps, En prenant tout son temps On en a plus le temps, Inexorable temps Qui jamais nous attend, Quand il est enfin temps, A jamais on s'étend.
Luc Legres
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Petit jour deviendra grand
08/02/2010 23:45
Petit jour deviendra grand
Quand au petit matin, près de toi je m’éveille Je ne vois rien de mieux que raison à ma vie Et ton ardeur liée à ma douce folie Ravive notre amour à nul autre pareil

Nos lendemains brodés au coton de nos veilles Nous parent des saisons légères d’organdi Quand au petit matin, près de toi je m’éveille Je ne vois rien de mieux que raison à ma vie

Tu fleuris mon jardin d’éternelles merveilles D’effluves rubanés, jasmins et myosotis J’auréole ton cœur d’une salsepareille Et l’ambre de rosée mouvante à ton soleil Quand au petit matin, près de toi je m’éveille.
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